Micocoulier de provence, Celtis Australis

celtis-australis-micocoulier” Son nom chante à l’oreille… Les romains l’appelaient bagolaro, et en Provence où il pousse spontanément, on l’appelle aussi fabregoulier ou fanabrigou”.

De la même famille que l’orme, le micocoulier peut comme lui atteindre de grands âges. Son ombre tiède et douce a su séduire les hommes et il partage avec eux, depuis des siècles, la vie sociale des villes et des villages du pourtour méditerranéen.

Arbre courant depuis l’antiquité, il était sacré, et à Rome associé au culte de Diane, on l’appelait alors le lotus Chevelu. Chez les gaulois, il apparaît également comme arbre du bois sacré (écrits d’Apulée IIè siècle). En Italie, les légendes populaires donnent au micocoulier la puissance d’éloigner le démon “il caccia-diavolo”.

Sa robustesse et sa souplesse en ont aussi fait un allié de la vie quotidienne, où un savoir séculaire le transforme en fourches à Sauve dans le Languedoc ; et en fouets tressés à Sorède. C’est un bois qui se plie mais ne se rompt pas, une grande souplesse qui permet de fabriquer des cercles de tonneaux, des gaules pour la récolte des fruits, des avirons, des chevilles de bois pour fixer le bardage des bateaux, des cannes à pêche…
Son bois étant presque imputrescible (comme celui de l’orme), les vignerons en ont fait des échalas, les pieux de soutien de la vigne. Également utilisé en bois de sculpture ou pour la confection de vaisselle en bois.

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Feuillage caduc, les feuilles sont simples, alternes, elliptiques, légèrement asymétriques à la base (ce qui aide à les reconnaître), dentées et rugueuses sur le dessus. Elle s’apparentent à celles de l’orme, mais elles sont plus allongées et moins larges. Pauvres en cellulose, les feuilles ont été utilisées comme fourrage pour les bêtes.

L’écorce est d’un gris sombre, ponctuée de tâches blanchâtres, s’assombrit avec l’âge et se couvre d’aspérités rugueuses. Le tronc est droit et élargi à la base en un fort empâtement caractéristique. Le tout donne au fût une surprenante forme en “patte d’éléphant”. Les rides que l’on aperçoit sous les points d’insertion des branches, rappellent la peau de l’animal

Les micocoules sont les fruits du micocoulier, elles ressemblent à de petites cerises brun-noirâtre ou violacé. Ces fruits charnus à un noyau viennent à maturité en septembre-octobre. Comestibles, ils sont peu charnus et un peu fades par chez nous mais sucrées au maghreb. Pressées les micocoules fournissent une huile utilisée autrefois dans les lampes et donnait une flamme claire.

“J’ai vécu a l’ombre des micocouliers on se plaisait a casser cette minuscule coque que cet arbre nous délivre en forme de fruit sec. Oh bien sur, il ni avait rien à manger ou si peu, que l’on s’en contentait”

Dans la Bible : le mot “becaïm” est souvent traduit par “mûrier”. Cependant Chouraqui le traduit par “micocoulier”, ce qui parait plus juste aux auteurs du “guide de la flore en terre sainte“.

micocoulier.jpg Pour en apprendre bien plus sur le micocoulier, consultez donc ce petit livre de Lionel Hignard (dont je me suis grandement inspiré pour écrire ce portrait), édité dans la collection “le nom de l’arbre”.

Au prix de 10€, lien libraire Amazon, ici.

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6 réflexions sur “Micocoulier de provence, Celtis Australis

  1. magnifique !!! je ne dirais que a…. j’adore comme toi admirer la nature, mme si la prof de SVT que je suis cherche plutt les oiseaux et les animaux sauvages.. les arbres peuvent nous urprendre !!!
    Trs bon blog continue j’adore

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