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Les sylves verticales de genévriers de Phénicie antiques (Ardèche)

Peu d’arbres atteignent ou dépassent le millénaire dans l’hémisphère Nord, alors quand Sisley m’a averti de la découverte de peuplements de genévriers multi-séculaires à flanc de falaise dans l’Ardèche, imaginez donc ma joie ! S’il ne s’est pas lui-même rendu auprès de ces arbres antiques, il a réunit pour nous quelques photos, de nombreux documents et s’est entretenu avec J.P. Mandin qui a dirigé les recherches sur le terrain.

Un article long et parfois technique, mais qui permet de découvrir ce fantastique patrimoine.

« L’article qui suit est une synthèse de l’étude du genévrier de Phénicie sur les falaises des gorges de l’Ardèche, les différents points mis en avant proviennent de documents écrits par Jean-Paul Mandin, professeur et docteur en écologie. Ancien professeur de biologie-écologie, il a enseigné la botanique pendant toute sa carrière, est également vice-président de la Société botanique de l’Ardèche et membre du conseil scientifique de la Réserve naturelle nationale des gorges de l’Ardèche. »

« C’est grâce à lui et à son bon vouloir que nous pouvons aujourd’hui apprécier l’article qui a découlé de la réunion d’une grande quantité de données. »

« Mon intérêt pour cette plante commença lorsqu’un ami, ancien élève du lycée agricole Olivier de Serres d’Aubenas, me raconta l’étude à laquelle il participait avec sa classe sous la direction de M. Mandin alors encore enseignant dans l’établissement en matière d’écologie pour les étudiants du BTS Gestion et protection de la nature. »

« Puis après quelques années, je décidais enfin d’en savoir davantage après avoir lu un rapport sur un peuplement de genévriers et je pris contact avec M. Mandin afin qu’il puisse m’en dise long sur le sujet. »

« Le résultat fut prometteur, car désormais nous avons enfin pu façonner un reportage sur cette espèce si particulière et discrète, qu’est le genévrier de Phénicie. »

Afin que la lecture ne soit pas trop longue, j’ai assemblé les points essentiels des documents et pour ceux qui veulent en savoir davantage, une série de rapports rédigés par le professeur Mandin sera mis à dispositions plus bas.

L’étonnante histoire non pas d’un arbre mais de différents peuplements peut alors débuter :

« Tout d’abord, un mot sur l’origine de son nom, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce genévrier n’est pas directement lié à la Phénicie et son nom latin est souvent utiliser à tort, car la faute de transcription remonte à la classification taxonomique de Linné qui pensait que phoenicia faisait le lien avec Phénicie bien qu’il l’ai écrit avec un p minuscule, or cela signifie d’un rouge éclatant ou pourpre en grec ; en latin phoeniceus, ce qui se rapporte directement à la couleur automnale de ses baies rouges ou plutôt devrait-on écrire de ses cônes. (source : « Le nom de l’arbre, le genévrier, Actes Sud » et un site internet où l’on peut consulter le « dictionnaire étymologique de la flore française ». »

« Dans l’hémisphère nord, il existe 60 espèces de genévriers dont 5 en France plus une sous-espèce : le cade, le thurifère, le commun, le sabine, de Phénicie et le commun nain. »
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Carte d’identité du genévrier de Phénicie

Cône brun orangé à maturité, gros (5-15 mm) / Feuilles en écaille très petites
Pas ou peu de rameaux à feuilles piquantes / Arbrisseau dressé
Rameaux cylindriques / Espèce monoïque (parfois dioïque)
Héliophile / Xérophile essentiellement sur calcaire et sols superficiels
Capable de se développer dans les fissures de rochers : corniches, falaises, rochers maritimes, garrigues rocailleuses
Assez commun en région méditerranéenne, son aire est cependant moins étendue que celle du Genévrier oxycèdre. Jusqu’à 1200 m

Dans le groupe phœnicea, on distingue également trois taxons : J. phœnicea, J. turbinata subsp. turbinate et J. turbinatea subsp. canariensis.

Le Genévrier de Phénicie ou Mourven des provençaux : Juniperus phœnicea

C’est le deuxième genévrier méditerranéen qui se distingue immédiatement de son cousin, le Cade, par ses innombrables ramules couverts de feuilles en écaille minuscules.  Son aire de répartition est également moins étendue.

Très xérophile, il affectionne les garrigues les plus pauvres, les fissures des rochers et même les falaises calcaires où ses boules rouge brique défient l’ensoleillement le plus fou et l’aridité quasi absolue (étage thermoméditerranéen).
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En juin 1999 paraissait un entrefilet dans la revue La Recherche indiquant ceci :

« L’étude de quarante-six falaises américaines et européennes révèle que les forêts buissonnantes de ces escarpements rocheux seraient parmi les plus anciennes de l’hémisphère Nord (D.W. Larson et coll., Ancient stunted trees on cliffs, Nature, 398, 382, 1999). Un genévrier des Gorges du Verdon, par exemple, a 1 140 ans. Ces forêts naturelles, aux arbres de petite taille et à croissance très ralentie, ont échappé aux perturbations des activités humaines, même en pleines zones agricoles ou industrielles. »

« De toute évidence, les populations végétales des escarpements rocheux sont les plus anciennes de l’hémisphère Nord dans la mesure où, étant très difficilement accessibles, ce sont les seules à avoir échappé aux perturbations liées aux activités humaines. Se peut-il que ces enclaves de végétation entièrement naturelles abritent les plus vieux arbres de France ou même d’Europe ? »

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« La découverte d’arbres aussi vieux dans les parois rocheuses des gorges du Verdon a attiré notre attention, car nous avions remarqué depuis longtemps la présence dans les gorges de l’Ardèche de communautés très ouvertes à Genévrier de Phénicie semblant très âgés. Cet article présente les résultats d’un projet qui nous a permis d’identifier dans les gorges de l’Ardèche plusieurs spécimens de Genévrier de Phénicie millénaires, le plus vieux d’entre eux ayant atteint l’âge de 1500 ans ! »

« Les populations de Genévriers de Phénicie forment des populations intactes très ouvertes sur les falaises des Gorges de l’Ardèche. Bien que le dictionnaire Petit Robert définisse le mot falaise comme un « escarpement côtier dû à l’érosion marine », ce mot est actuellement très largement utilisé pour désigner l’ensemble des parois rocheuses, en particulier par tous les gens qui les fréquentent : grimpeurs et spéléologues. Nous l’emploierons donc dans ce sens général, bien que la mer se soit retirée depuis très longtemps d’Ardèche ! »

« S’il a été possible dans un premier temps de récolter facilement des vieux troncs morts en bordure de falaise (par exemple en 2002, à Gournier et à Chanet), il était évident que l’étude des vieux genévriers de Phénicie se développant sur ces parois vertigineuses allait demander beaucoup de temps, de moyens et de compétences particulières. Un projet a alors été mis en place dans le cadre d’une coopération entre le Lycée agricole d’Aubenas qui possédait une section de Techniciens Supérieurs « Gestion et Protection de la Nature » ainsi qu’une section d’escalade, la Société Botanique de l’Ardèche et la Réserve Naturelle Nationale des Gorges de l’Ardèche. La formation d’étudiants au déplacement en milieu vertical a été assurée par les professionnels du Comité Départemental de Spéléologie. Cette apprentissage nous a permis de prospecter et de récolter plusieurs arbres remarquables. »

« Pour les arbres situés dans des zones particulièrement escarpées, nous avons eu recours à des professionnels, notamment pour la falaise d’Autridge en 2003. »

« À la suite de ces premiers résultats encourageants et avec les conseils de D. W. Larson, le premier gros tronc mort a été collecté à la falaise de la Grotte des Huguenots, à l’entrée des gorges de l’Ardèche (voir site sur photo plus haut et coupe sur photo ci-dessous). Après prélèvement, sciage et ponçage, le décompte des cernes a donné un âge supérieur à 1200 ans. Plusieurs troncs morts ayant des âges supérieurs à 1000 ans ont été trouvés. Outre le premier de la falaise des Huguenots, nous en présentons deux autres de forme extraordinaire : un genévrier de la falaise d’Autridge (1150 cernes) et celui ramassé au pied de la falaise du Manteau Royal (1500 cernes) dont il venait de se détacher à la suite d’un éboulement. »

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« Plusieurs datations réalisées au carbone 14 par le Centre de datation par le radiocarbone (CNRS, Lyon) à la demande du laboratoire de paléoécologie de la faculté d’Aix-Marseille, ont donné des résultats étonnants. »

« Un tronc mort récolté dans la falaise des Templiers (rive droite) a par la méthode au carbone 14 un âge calibré de 2520 ± 35 ans, ce qui lui donne une date de naissance réelle entre 792 et 524 avant J.-C. Or, ce tronc ne possède que 577 cernes, ce qui laisse trois hypothèses non exclusives les unes des autres pour expliquer cette anomalie apparente » :

  • Une partie du bois périphérique est érodée et il manque des cernes, c’est sûr, mais combien ?
  • Il y a de nombreux cernes absents et leur nombre sous-estime l’âge réel, mais de combien ?
  • L’arbre est mort depuis très longtemps, des siècles, voire des millénaires, et s’est conservé sur place…

« L’un des deux troncs d’un arbre vivant a été récolté à Autridge avec autorisation préfectorale pour être étudié par le laboratoire de paléoécologie de la faculté d’Aix-Marseille. Les résultats de la datation au carbone 14 montrent que son âge réel est compris entre 1072 et 1278 ans et qu’il a commencé à croître entre 730 et 936 après J.-C. Or, on ne compte que 992 cernes. Il est ici presque certain que l’arbre n’a pas  produit de cernes durant certaines années, probablement les années de forte sécheresse. C’est une conclusion importante puisque cela implique que les âges déduits du décompte des cernes semblent sous-estimés par rapport aux âges réels. »

Conclusions

« Finalement, les genévriers de Phénicie des parois rocheuses sont-ils les arbres les plus vieux de France, voire d’Europe ? La réponse n’est pas évidente. On trouve dans la littérature des âges bien supérieurs aux 1500 ans que nous avons mesurés. Mais la plupart de ces âges sont des estimations. En effet, chez beaucoup d’arbres très âgés (chênes, oliviers, etc.), le cœur de l’individu a disparu et il manque un grand nombre de cernes. On ne peut ni compter, ni prélever un fragment pour mesurer un âge par la méthode au carbone 14. On se contente donc d’estimations en fonction de la taille des cernes présents et du diamètre de l’arbre. Les résultats sont assez approximatifs. A notre connaissance, l’âge de plus de 1500 ans observé pour le genévrier de la falaise du Manteau Royal serait le plus vieux réellement mesuré de France. »

« Dans tous les cas, les très vieux arbres cités dans la bibliographie sont des individus isolés. L’intérêt majeur des populations de Genévrier de Phénicie en parois rocheuses est, comme l’a dit D. Larson que les « forêts buissonnantes de ces escarpements rocheux seraient parmi les plus anciennes de l’hémisphère Nord ». En effet, les grandes parois n’ont jamais été parcourues ou transformées par l’Homme. Les « forêts de falaise » sont donc les seuls et derniers écosystèmes totalement vierges en milieu terrestre. Ainsi, l’intérêt d’une formation végétale contenant toutes les classes d’âges, y compris les individus millénaires, est bien supérieur à l’éventuel « record » d’un individu. »
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Contrôle de la croissance du Genévrier de Phénicie par les facteurs internes et externes.

« Le Genévrier de Phénicie est un arbre dont la circulation de sève semble strictement polarisée. Chaque racine alimente une partie du tronc et des branches sus-jacentes. Il n’y a pas de circulation latérale de sève. Dès qu’une partie du système racinaire meurt, le cambium et les branches qu’il alimentait meurent aussi, mais le reste de l’arbre reste vivant. Chaque individu ne se comporte pas comme une unité, mais comme un ensemble d’éléments indépendants soudés ensemble. L’arbre a un fonctionnement dit « coloniaire » (Hallé, 1999) ou « sectorisé » (Larson & al., 1993), c’est-à-dire que c’est un ensemble d’éléments « racines-partie de tronc-branches » juxtaposés et indépendants. Donc, si un ensemble est sous-alimenté (racines dans un milieu plus sec) ou si des racines meurent (sécheresse, mise à nu en falaise) ou si des branches meurent (blessure), l’élément « racines-partie de tronc-branches » concerné se développe plus lentement que le reste ou même ne se développe plus du tout. D’où l’irrégularité de la croissance en diamètre. »

• «  Le comptage des cernes de troncs morts ou de carottes effectuées dans des troncs vivants a montré que les parois rocheuses des gorges de l’Ardèche abritent des genévriers de Phénicie très âgés. Néanmoins, avec un peu d’habitude, il est possible de distinguer les vieux genévriers du premier coup d’œil, simplement en considérant leur taille, qui dépasse rarement deux mètres de hauteur, et le diamètre de leur tronc qui ne dépasse pas une quarantaine de centimètres (Larson & al., 1999 ; Mandin, 2005, 2006 et 2007). »

• « L’observation attentive des individus dans plusieurs populations de genévriers des parois rocheuses révèle que les troncs présentent une orientation variable (vers le haut, mais aussi vers le bas !) et qu’ils sont parfois ramifiés dès la base. Toujours torsadés, les troncs s’enroulent soit vers la droite soit vers la gauche, et le fonctionnement discontinu de leur cambium leur donne un contour très irrégulier. Enfin, avec des troncs de taille modeste, souvent inversés et ramifiés dès la base, les genévriers de Phénicie des parois rocheuses sont des arbres bien particuliers qui remettent en question la définition même d’arbre. »

• «  L’explication de l’origine de la spiralisation des troncs de genévrier de Phénicie semble plus compliquée que celle décrite par Hallé pour les mélèzes (Larix decidua en Europe et Larix kaempferi au Japon). Ces derniers commencent à avoir une croissance hélicoïde vers la gauche qui s’inverse vers l’âge de 20-30 ans. Le mécanisme est sous contrôle génétique. On s’efforce même de le supprimer pour « améliorer » les arbres produits. Pour le Genévrier de Phénicie, aucune explication ne semble connue à l’heure actuelle. Le facteur environnemental semble en partie déterminant dans le degré de spiralisation. En effet, les genévriers de Phénicie de garrigue n’ont en général pas ou peu de spiralisation visible. De plus, il semblerait que la spiralisation soit d’autant plus forte que l’arbre pousse lentement. Il y a peut-être là une voie de recherche pour évaluer l’âge d’un arbre d’une façon totalement non destructive. »

« L’observation des coupes transversales de nombreux troncs morts a montré qu’ils sont toujours passés par des phases de crise pendant lesquelles ils n’ont survécu que grâce au fonctionnement d’une toute petite partie du cambium (Mandin, 2005). Nous avons rapidement soupçonné que ces mortalités cambiales étaient dues à une mortalité racinaire liée à une circulation sectorisée de la sève comme pour les Thuja occidentalis L. des falaises du Niagara (Larson & al., 1993). Or, les vieux genévriers présentent souvent sur le terrain beaucoup de branches mortes. Celles qui restent vivantes sont reliées au système racinaire par un cordon de bois actif qui est bien visible sur le reste du bois mort. Tout laisse donc penser que les arbres sont constitués d’un ensemble d’unités « racine-tige-branche » indépendantes les unes des autres. L’arbre ne devrait donc plus être considéré comme un individu mais comme une colonie d’unités indépendantes. Autrement dit, le tronc serait une colonie d’individus n’étant plus reliés les uns aux autres que par les parties anciennes et mortes du tronc ! Une expérimentation consistant à colorer des circuits de la sève brute nous a permis de le vérifier : la sectorisation du circuit des sèves donne effectivement un arbre coloniaire dont le tronc est constitué d’une juxtaposition d’unités fonctionnelles individualisées. »

Une discussion autour de la notion d’arbre

« Les caractères bien particuliers des genévriers de Phénicie des parois rocheuses (arbres de taille modeste dépassant rarement deux mètres, tronc souvent inversé et ramifié dès la base dans 50 % des cas) nous amènent naturellement à rediscuter la notion d’arbre. »

« Dans nos régions tempérées, on oppose classiquement la morphologie de type « arbre » à celle de type « arbrisseau » (ou  de type « buisson ») d’après la hauteur et la ramification : un arbre est un végétal ligneux à tronc unique dépassant généralement 7 mètres de hauteur, alors qu’un buisson est un ligneux ramifié dès la base et ne dépassant pas 7 mètres. Néanmoins cette définition n’est pas pertinente lorsque l’on considère l’ensemble des espèces ligneuses de la planète, en particulier les espèces des zones tropicales et équatoriales. Francis Hallé propose à juste titre une définition plus générale : « Un arbre est une plante habituellement pérenne possédant un ou plusieurs troncs à croissance verticale. Son anatomie rend le tronc autoportant et lui permet d’élever au-dessus de ses voisines, concurrentes pour la lumière, une cime, une couronne, qui, selon les espèces, peut avoir trois constitutions différentes : de grandes feuilles si l’arbre n’a pas de branches ; des branches qui assurent la photosynthèse si les feuilles sont trop petites pour assurer cette fonction ou absentes ; des branches feuillées dans le cas général. »

« Bien que cette nouvelle définition soit beaucoup plus satisfaisante, les genévriers de Phénicie des parois rocheuses qui ont un tronc inversé n’entrent pas dans la définition de F.Hallé. Cette morphologie bien particulière est directement liée aux contraintes de la vie sur parois rocheuses. Avec cet exemple, nous comprenons aussi qu’il n’existe probablement pas de bonne définition d’arbre, même si la notion d’arbre reste intuitive pour tous ! »
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Nous allons voir que ces contraintes ont donné lieu à des adaptations remarquables des genévriers de Phénicie :

«  Par rapport aux données climatologiques mesurées en conditions normales, toutes les températures sont supérieures, même en falaise orientée au nord. La roche et le sol quant à eux sont beaucoup plus chauds, d’environ 5°, ce qui est énorme. Les variations journalières de température sont très différentes : très grandes pour la roche, très faibles dans la profondeur du sol. Les différences entre les données de Vallon et celles des parois rocheuses sont surtout importantes l’hiver. Il gèle peu, ou pas dans les parois exposées au sud, alors qu’il fait –10° à Vallon. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’été, les températures sont presque équivalentes. En effet, les rayons du soleil frappent tangentiellement la paroi et ne la chauffent pas trop. De plus, l’air chaud monte et ne s’accumule pas. »

Les contraintes édaphiques, la verticalité du milieu et les perturbations au niveau des parois rocheuses

« Le sol dans lequel se développent les racines des genévriers de paroi est extrêmement réduit. Il est strictement localisé dans des fissures. La place manque cruellement pour le système racinaire. Les réserves en éléments nutritifs et probablement en eau sont faibles. Les racines sont capables d’élargir les diaclases dans lesquelles elles ont pu s’introduire et, à terme de fractionner la roche comme on peut le voir sur les photos ci-dessous. »

« La verticalité du milieu est une contrainte forte pour un végétal : les racines ne vont pas pouvoir pousser selon un géotropisme positif, les tiges seront obligées de se décaler par rapport à la verticale. De plus, les galbules de l’arbre vont tomber à maturité et n’ont que très peu de chance d’aboutir dans une fissure convenable. »

« Les parois rocheuses sont des milieux peu perturbés. Aucun grand herbivore, très peu d’incendies, et les arbres sont partiellement à l’abri des tempêtes. Les seules perturbations abiotiques notables sont la foudre d’une part, mais rare, les chutes de pierre dues à l’érosion et au passage d’animaux en bord de falaise, d’autre part. On voit nettement sur les photos ci-dessous que les arbres peuvent être « bombardés » et cassés par des chutes de pierre. L’élargissement des diaclases par les racines conduit souvent à la chute du rocher dans lequel elles se sont développées, ce qui les met à l’air et les fait souvent mourir. »

Une croissance très lente pour des arbres très vieux

« L’exiguïté du milieu souterrain dans lequel se développent les racines conduit à une croissance très lente, tant en diamètre qu’en longueur. Sur les figures ci-dessous prises à la loupe, on voit que les cernes sont extrêmement serrés, il y a souvent une dizaine de cernes par millimètre. Sur la photo prise au microscope, on remarque que certains cernes ne font que 2 couches de cellules pour un accroissement d’environ 3 centièmes de millimètre. De plus, à la suite de mesures d’âge au carbone 14, on a eu la surprise de constater que les âges au carbone 14 sont toujours supérieurs à celui donné par le nombre de cernes. Il est très probable que certaines années les arbres n’aient aucune croissance en diamètre. »

« La croissance en longueur est elle aussi très faible : La première idée qui vient à l’esprit pour expliquer ces accroissements si faible est le manque d’eau et de substances nutritives. Pour vérifier cette hypothèse, Matthes-Sears & al. (1995) ont installé des irrigations avec différentes solutions nutritives pour des Thuya occidentalis poussant sur les parois rocheuses du Niagara. Ces arbres ont une morphologie, une écologie et une physiologie très semblables à celles des genévriers de Phénicie. Or à sa grande surprise, les arbres irrigués et nourris n’ont pas eu un accroissement sensiblement supérieur aux témoins en conditions normales. Alors que les semis au laboratoire répondent favorablement aux supplémentations minérales (Matthes-Sears & Larson, 1999). Ils en ont conclu que ces accroissements si faibles en conditions naturelles étaient dus à des contraintes mécaniques au niveau des racines qui ne pouvaient pas se développer suffisamment. »

Une dissémination des graines endozoochore

« Il n’est pas facile pour une plante de semer ses graines sur des parois verticales. Surtout si, comme le genévrier de Phénicie, elles se trouvent dans des « galbules » gros comme un pois chiche. A maturité, le fruit tombe et n’a aucune raison de se fixer sur la paroi ! De plus, des essais préliminaires de semis n’avaient rien donné : aucune germination. Jusqu’au jour où nous avons observé, en pleine falaise, des excréments de mammifère contenant des galbules de genévrier. »

« Comme on peut le voir en détail dans l’article 6 les graines de genévrier de Phénicie sont essentiellement disséminées par la fouine (Martes foina). Il est connu que ce carnivore a un régime partiellement frugivore (Cheylan & Bayle, 1988). Une prospection systématique dans les gorges de l’Ardèche a montré que, les années de bonne fructification, d’août à décembre, tous ses excréments contiennent des galbules, souvent 5 ou 6 partiellement mâchés. De plus, les graines possèdent alors un taux de germination nettement supérieur. En effet, des expériences (voir l’article "Dynamique de la régénération des populations des genévriers de Phénicie des gorges de l’Ardèche", à paraître prochainement) ont montré qu’elles possèdent une dormance tégumentaire. Elle est levée naturellement par le passage dans le tractus intestinal de la fouine. D’une façon surprenante, cet animal est capable de se déplacer, de nuit, sur des parois vertigineuses… et d’y laisser des excréments ! »

« Toutefois, la situation de certains arbres, dans des parois lisses sous des surplombs laisse quand même dubitatif sur la possibilité d’accès par une fouine. Il est très probable que des oiseaux sont aussi des vecteurs des graines de genévrier. Nous avons trouvé de nombreux excréments de merle contenant des graines. Il est connu que la grive est aussi un grand consommateur de galbules de genévrier. Mais habituellement, ces deux oiseaux ne fréquentent pas les parois rocheuses. On soupçonne le choucas des tours (Corvus modedula), le Merle bleu (Monticola solitarius) et le Merle de roche (Monticola saxatilis) de pouvoir disséminer des graines de genévrier, mais nous n’en avons aucune observation. »
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Voilà qui présente bien l’espèce et maintenant voici une série de liens ayant un rapport direct avec les études menées :

L’article de presse du journal Le Point, qui relate de la découverte d’un genévrier millénaire :
Les vénérables bonsaïs de l’Ardèche

Une vidéo explicative de TV Ardèche sur le déroulement des prises de données sur les falaises [1] (tournage : Mathias Legros, montage : Mathieu Mallaisé) :

Un petit article détaillant le résultat d’une datation d’un vieil exemplaire :
Un genévrier de Phénicie âgé de 2500 ans

Le rapport en .pdf de J.P.Mandin (très bien synthétisé et illustré de manière pédagogique) :
Les genévriers de Phénicie dans les parois rocheuses de l’Ardèche

Les documents déposés par J.P.Mandin sur le site de l’École Normale Supérieure de Lyon :

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« Je souhaite remercier toutes les personnes qui ont travaillé de près et de loin sur cette très intéressante étude, qui selon moi nous a révélée une importante partie de notre patrimoine botanique français, méconnue il y a encore quelques années. »

  • Jean-Paul Mandin qui a dirigé les recherches sur le terrain.
  • Les élèves de BTS du lycée agricole Olivier de Serres qui ont participé activement.
  • La réserve naturelle nationale des gorges de l’Ardèche.
  • La société botanique de l’Ardèche.
  • La région Rhône-Alpes qui a financé une partie des recherches.
  • L’ENS de Lyon et David Busti responsable du site biodiversité végétale de l’école.
  • Le botaniste canadien Doug Larson qui a trouvé le premier spécimen millénaire dans les gorges du Verdon et qui a fourni de précieuses indications à J-P.Mandin.

« J’espère que chacun de vous aura appris une quantité de choses en lisant cet article, peut-être que certains passages vous auront paru plus détaillés que d’autres, mais pour décrire une espèce de ce type, il est nécessaire de dresser un portrait complet. »
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Ce qui suit, est issue d’une conversation que j’ai eu avec J-P.Mandin :

« D’après Dupouey, qui est professeur à l’ENGREF de Nancy, le genévrier de Phénicie de 1500 ans des gorges de l’Ardèche est le plus vieil arbre de France dont on soit sûr de l’âge. Il vient de faire un article qui fait le point au sujet des très vieux arbres ; il va paraître dans la Revue Forestière Française. »

« Les plus gros arbres ne sont pas les plus vieux, loin de là. Le genévrier de 1500 ans n’a que 20 cm dans son plus grand diamètre et 59 cm de circonférence. J’ai quelques troncs beaucoup plus gros, mais moins vieux (quand même plus de 1000 ans !). J’avais carotté un genévrier de Phénicie d’environ 40 cm de diamètre qui n’avait que 140 ans (de mémoire)… mais il poussait en pied de falaise, dans un sol profond. »

« Je suis passé au local de la Société Botanique d’Ardèche. J’ai mesuré le plus gros tronc que j’ai. Il s’agit d’une tranche d’un tronc mort prélevé en 2002, sur la falaise des Huguenots, au début des gorges de l’Ardèche, pas encore dans la Réserve. Le tronc n’est pas circulaire (Diamètre minimum : 45 cm ; Diamètre maximum : 60 cm ; Circonférence : 172 cm). »

« Pour l’indication des lieux, pas de problème, c’est dans la Réserve Naturelle Nationale des Gorges de l’Ardèche. D’abord il est interdit de couper tout végétal. Ensuite, c’est du sport pour aller les toucher… les plus beaux et les plus vieux sont dans les falaises les plus difficiles ! »

« Un exemplaire de plein sol avec tous les facteurs adéquats pourrait-il dépasser les dimensions maximales recueillies ?

« Je pense que oui, mais comme l’homme n’a jamais laissé pousser bien longtemps les arbres des garrigues (coupes de bois, incendies, pâturage), les gros diamètres en plaine sont exceptionnels. »

« Où s’adapte-t-il mieux là où la concurrence est moins rude.  Il ne s’adapte pas mieux, mais quand il n’y a aucune compétition, il peut vivre sa vie très longtemps… jusqu’à ce qu’un évènement extérieur (éboulement, foudre…) le tue. Par contre, il est parfaitement adapté pour vivre dans les conditions très difficiles des falaises et, comme c’est le seul, il n’a pas de concurrence. »

« Pour les genévriers de plaine, leur croissance est nettement plus rapide, leur bois est moins dur et résiste moins bien aux parasites (dont les pourritures). De plus, comme leur taille maximum n’est pas énorme, il finissent par être surcimé par les chênes (pubescents et/ou verts) et, mis à l’ombre, il n’ont aucune chance de devenir très vieux. »

« Pour en revenir aux genévriers de Phénicie, ce qui me parait plus intéressant qu’un « record » d’âge, c’est le fait qu’en falaise on a affaire à une formation végétale (une « forêt claire verticale ») totalement vierge d’action humaine et dans laquelle la dynamique : recrutement, vieillissement, sénescence et mort, est totalement naturelle. »

« Des biotopes préservés depuis des siècles qui abritent des peuplements verticaux épargnés de l’action humaine, je vous laisse imaginer à quoi devait bien ressembler nos anciennes sylves avant que l’Homme ne s’y intéresse de trop, c’est pourquoi il est important d’insister sur le fait que sans la présence des falaises abruptes il n’en serait peut-être pas de même à l’heure actuelle. »

« En France il existe encore maints endroits de zones montagneuses très peu fréquentées où poussent des espèces ligneuses en toute quiétude, des estimations d’âge dépassant les 800 à 1000 ans sont probables pour plusieurs espèces : le pin noir laricio, le mélèze d’Europe, le pin cembro ou arole, le pin à crochets, le genévrier Thurifère… On constate que pour la totalité des essences ce sont des conifères qui sont cités, ces arbres ont des tolérances aux évènements climatiques qui sont plus importantes que pour les feuillus, préférant généralement les zones de plus basse altitude. »
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« Cet article nous aura donc montré un important critère dans la désignation d’un arbre remarquable, la vieillesse d’un spécimen est souvent attribuée à une certaine dimension, mais pour ce cas d’espèce, si on enlève le côté dimensionnel on retiendra l’exceptionnel patrimoine que sont ces peuplements indigènes sans âges et qui ont su s’adapter à la perfection dans des stations rudes vierges de l’empreinte humaine et je suis ravi qu’il en soit ainsi. »
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Merci pour cet article fantastique et vraiment instructif Sisley ! Technique et un peu long, mais plus j’avançais dans la lecture et plus je me suis passionné pour ces peuplements d’un âge canonique. D’une longévité extrême, ces arbres réussissent à s’épanouir dans un milieu d’une extrême rudesse, ces genévriers antiques sont de toute beauté, et c’est un vrai bonheur de découvrir une sylve vierge de toute intervention humaine.

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Catégories:Genévriers
  1. Yanick
    1 mars 2011 à 18:14

    Du beau boulot Sisley,
    J’en suis admiratif.Il existe aussi un peuplement de Genévrier de Phénicie aux Saintes Maries de la mer. Mais c’est dans un tout autre environnement non mois exceptionnel, puisqu’il se trouve au beau milieu de l’étang du Vaccarès, sur les ilots du Bois des Rièges.
    Dans ces conditions bien différentes, les plus vieux auraient entre 500 et 700 ans pour des circonférences de l’ordre du mètre.

    • 1 mars 2011 à 21:25

      Ça donne envie de sortir le baudrier et les cordes !

      Tu as éveillé ma curiosité avec le peuplement de sur des îlots de l’étang du Vaccarès, à quand des photos de ces genévriers dans un biotope différent ?

  2. 1 mars 2011 à 20:40

    Magnifique article et des photos époustouflantes !

  3. François Lannes
    1 mars 2011 à 22:13

    Magnifique article, Sisley ! ! !
    Franchement bravo !

    Toutes ces explications et descriptions sont vraiment sensationnelles. Et elles me touchent d’autant plus que, il y a plus de 20 ans en arrière, je pratiquais assidûment l’escalade dans ces falaises calcaires (pas celles de l’Ardèche, mais d’autres du Vercors tout autant fournies en genévriers) et que je suis passé à côté de nombre de ces arbres. Peut-être y en a t-il eu, dans le lot, qui étaient multi-séculaires… ???
    Si vous me passez l’expression un peu forte : j’en reste sur le cul…
    A l’époque je pouvais faire ces acrobaties. Aujourd’hui il n’en est plus question, hélas. Mais je connais bien quelques grimpeurs de falaises, à qui je vais faire passer cet article. Leur regard devrait changer, eux aussi, après cette lecture.

    Grand grand merci à toi Sisley pour les recherches effectuées, et pour cette synthèse très intéressante.
    Magnifique !
    Quant à toi Krapo, que de chemins ont été parcourus grâce à ton blog et à tout ce qu’il contient d’informations sur ces arbres remarquables…
    Même si ce n’est encore que virtuellement, je te serre la main.
    De mes deux mains réunies.
    Longuement…

  4. 1 mars 2011 à 22:54

    Sur ce coup-ci Sisley s’est vraiment dépassé ! Un pur article pour lequel il a dû faire marcher ses réseaux et synthétiser une foule d’informations. C’est chouette qu’il ait même réussi à contacter directement Jean-Paul Mandin, l’interview qu’il a obtenu rend bien, c’est un vrai reporter !

    Qui sait si tu n’as pas croisé de genévrier si vieux ? D’autres peuplements pourraient se cacher à d’autres endroits difficiles en France. Je me prends à imaginer que de vieux spécimens pourraient s’accrocher sur les falaises du Lot, de l’Aveyron, de l’Ardèche… J’aimerai bien qu’un reportage nous arrive un jour sur les genévrier thurifères de Saint-Crepin. Les découvertes qu’il y eu en genévriers cade additionnées à cet article sur ceux de Phénicie me donnent envie d’en apprendre plus sur cette espèce pionnière.

    Au plaisir François…

  5. Sisley
    4 mars 2011 à 19:12

    Merci à tous !!

    L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps.
    Et l’article n’aurait jamais vu le jour sans la discussion de mon pote et des précieux documents de JP Mandin.

    C’est ce genre de présentation qui me stimule, quand je dois fouiller pour mener à bien un article sur des végétaux indigènes et qui quelque part ne sont pas du tout connu dans le monde du remarquable, mis à part de par les gens travaillant sur le terrain et les amateurs de nature.

    Je suis content que ces endroits soient inaccessibles par voie terrestre, car de tels biotopes sont des reliques à préserver.

  6. François Lannes
    4 mars 2011 à 21:50

    Je suis maintenant (presque) arrivé au bout de toutes ces informations sur le genévrier de Phénicie…
    Je n’en reviens toujours pas.
    Cet arbre est fantastique !

    Arriver à rester "entier", malgré les siècles qu’il a duré; parvenir à nous transmettre (si l’on peut le formuler ainsi) sa présence, alors qu’il a plus de mille ans de vie; être capable de conserver, empilés serrés les uns sur les autres, tous ses cernes minuscules; sont des performances qui m’éblouissent. Et qui plus est, nul besoin pour lui d’être gros et large pour battre ces records !
    Franchement, c’est fort.
    Il est probable que, du fait de la maigre culture arboricole que je possède, je sois loin d’imaginer les autres prodiges que, ici ou ailleurs, d’autres arbres sont à même de réussir. Peut-être suffira t-il, pour combler cette lacune, d’attendre, de surveiller le blog du Krapo et que, un soir ou un matin, nous verrons y apparaître un nouvel article, tout aussi flamboyant que celui-ci ??
    Qui sait ??

    Mais, revenant à ces genévriers de Phénicie, et à leurs troncs si petits et si vieux, je ne pouvait m’empêcher de faire la comparaison avec le gros cèdre d’hier. Hier donc, ce cèdre faisait 6.00 mètres de circonférence. Il montait, au-dessus de la pelouse, à plus de vingt mètres vers le ciel. Ses charpentières, au nombre de cinq, ses branches supérieures formant le plateau si caractéristique des cèdres du Liban, lui donnaient une allure tellement imposante que les gens qui parlaient de lui n’hésitaient pas à gonfler son âge, et à avancer des affirmations "tartarinesques" : "trois cents ans", disait-on d’un côté ! Plus encore, l’on a entendu même "cinq cents ans !"…
    Tout cela tenait au rêve.
    La réalité fut plus prosaïque, et les cernes furent au nombre de seulement 159 (ou 148, suivant qui faisait le comptage)…
    Ainsi donc, le gros, le mastodonte, celui qui inspirait tant la fierté, l’admiration et le respect n’avait-il finalement parcouru que juste 1,5 siècle. Cela est beaucoup, ne nous y trompons pas. Cela est beaucoup, et le résultat obtenu en était parfait.
    Mais que peut-on dire alors, en comparaison, de ce 1,5 millénaire du genévrier maigrichon, pendu dans une faille de roche calcaire, inconnu et ignoré de tous ??
    Si 150 ans valent tous les qualificatifs les plus élogieux, que reste t-il à dire maintenant pour les 1500 ans ???

    Ce genévrier de Phénicie, ces genévriers des falaises de l’Ardèche, m’inspirent un enthousiasme sans borne. Cela fait seulement trois jours maintenant que j’ai lu ces lignes les concernant, sur le blog, et pourtant j’ai un peu l’impression d’avoir changé de monde. Quelque chose est différent aujourd’hui, par rapport à mardi soir passé. Sont-ils si doués que cela, ces genévriers, pour provoquer un tel choc ??
    Il suffit, si l’on veux se donner la mesure de cette "chose", d’essayer de trouver qui, ou quoi, aurait vécu depuis l’an 500 jusqu’à nous aujourd’hui en l’an 2011, et qui aurait, de plus, gardé la trace de chacune de ces années traversées…
    Moi, je suis ébahi !
    Eberlué !

    J’ai déjà écrit à Sisley et à Krapo ce que j’éprouvais au sujet de cet article.
    Il me faut donc, évidemment, ajouter maintenant à ces remerciements-là ceux destinés à Jean-Paul Mandin, et à toute son équipe, à toutes ses équipes, pour le travail accompli, pour les découvertes faites, et pour les articles si riches d’enseignements qu’ils ont rédigés afin de faire connaître au plus grand nombre les miracles de ces "petits bouts de bois", accrochés aux roches abruptes.

  7. 4 mars 2011 à 22:18

    Un maître article par un maître Krapo-reporter… Je n’en dirai pas plus. ;-)

  8. Sisley
    4 mars 2011 à 22:29

    Content que ça te plaise !!

    Mais le pire dans toute cette histoire c’est que le sujet mort retrouvé au pied d’une falaise et daté à 1500 ans, n’est peut-être que la partie visible de l’iceberg.
    Comme je n’aime pas trop m’avancer dans les estimations hasardeuses, j’ai pris cette donnée vérifiée mais à l’heure qu’il est il existe peut-être encore des exemplaires ayant perdu des fois des fragments de troncs avec les multiples traumatismes qu’on rencontre en vivant perché dans ces environnement et peut-être qu’un jour ou l’autre on réussira à chiffrer avec certitude un ou des genévriers de Phénicie à plus de 2000-2500 ans, chose qui pourrait être faisable, quand on voit le potentiel des ces végétaux résistants des falaises.

    Cet article avait également pour vocation de vous montrer un autre critère dans la détermination d’un arbre dit remarquable, celui de la prise en compte d’un spécimen qui pour beaucoup passent inaperçu, mais qui quand on apprend à le connaître révèle alors un trésor de secrets tels que son âge, sa morphologique et sa biologie plus qu’adaptée.
    Tout ça pour vous montrer que notre liste pourrait considérablement s’élargir en prenant d’autres paramètres de recherches.
    Ce cas de figure nécessite cependant des appuis scientifiques et des itinéraires de recherche sortant des sentiers battus, choses qui ne sont pas faciles à trouver.

  9. Seb
    5 mars 2011 à 12:55

    Un article extraordinaire ! Après l’avoir lu, on se met à rêver en imaginant toutes les falaises sauvages qui sont encore peut être préservé. Même les commentaires sont très instructifs.

  10. Sisley
    14 mars 2011 à 23:25

    Je voulais encore rajouter un lien tourné vers les spirales et symétries dans la nature, en référence aux circonvolutions de ces genévriers à la manière d’une spirale temporelle :

    http://e-materials.ensiacet.fr/documents/symetrie_philibert.pdf

    Beaucoup de choses partent d’une spirale.

  11. François Lannes
    3 avril 2011 à 19:09

    Sisley,

    A la suite de ton article, et de l’intérêt suscité par lui, je suis allé voir un arbre perché dans une falaise, arbre que mon ami Pascal Sombardier m’avait indiqué. Observations faites et renseignements pris, il s’agit bien d’un genévrier, effectivement, mais d’un "thurifère" cette fois.
    Je serai bien plus attentif, dorénavant, lorsque je ma baladerai dans le Vercors, et porterai un autre regard vers ces arbres, un regard beaucoup plus attentif maintenant !

  12. Sisley
    3 avril 2011 à 20:43

    Je suis content de vous avoir donner l’envie de voir au-delà des frontières du remarquable, il y a quelques années encore je ne faisais pas attention aux arbres dits secondaires, mais aujourd’hui je me suis presque focalisé sur eux, cela tient aussi du fait que j’ai très peu l’occasion de voir des gros arbres, mais plutôt des spécimens d’un très large panel qui passent beaucoup plus inaperçus mais qui ne sont pas pour autant à négliger, mais au contraire.

    Des thurifères !!
    Intéressant, notre rubrique n’en contient pas encore !..

  13. Anaïs
    23 mai 2011 à 03:36

    Merci de tout mon coeur pour ce magnifique répertoire, offert ainsi sur internet, qui m’a piégé jusqu’à 3h du mat’, moi qui déteste ces écrans! C’est une création géniale et très riche. j’aime particulierement les cèdres, les cades, les buis et les chênes et me suis régalée à travers les articles…un veritable voyage pour ma conscience! Merci et bonne nuit ^^

  14. Sisley
    23 mai 2011 à 12:09

    Tu es donc tomber dans le labyrinthe de vaste réseau de vieilles branches !!

    Content que tu ai pu t’y balader d’arbre en arbre tout en savourant la beauté délivrée par ces derniers..

  15. Anaïs
    24 mai 2011 à 14:37

    Coucou, je n’ai pu m’empêcher de revenir faire une balade virtuelle… Je regrete qu’il n’y est pas plus d’articles dans les Bouches du Rhone et ça me donne envie de vous trouver quelques surprises ^^ A bientot!

  16. 24 mai 2011 à 14:41

    Salut Anaïs,

    ce sera avec le plus vif plaisir que je publierai sur des arbres remarquables des Bouches-du-Rhône, un département pour lequel je n’ai presque aucune info, ce serait vraiment génial que tu nous fasses découvrir quelques merveilles !

    à très bientôt !

    • Yanick
      24 mai 2011 à 16:13

      - Mûriers de Beaurecueil
      - Platanes Deu Thonelet
      - Platane d’Aurons
      - Chêne pubescent de St Antonin sur Bayon
      - Genévrier du Pic de Bertagne
      - Orme de St Martin de Crau
      - Genévriers de Phénicie aux Ste Maries de la Mer

      Pour certains, j’ai une localisation précise.

  17. Anaïs
    27 mai 2011 à 00:18

    Il me tarde d’aller voir le Genévrier du pic de Bertagne!

  18. macone hubert
    18 octobre 2011 à 10:29

    appel :

    il existe dans nos garrigues du cotés d’ Ensues le redonne quelques Genévrier de Phénicie.

    malheureusement les coupes sauvages au nom de la lutte incendies, rasent complètement toute forme de végétations sur quelquefois 100 mètres de large autour des chemin DFCI,

    ces coupes faites a grand renfort de gyro-brouyeur détruisent toutes les espèces y compris celles protégées.

    que faire contre ces coupes qui sont réalisées au nom de la lutte contre les incendies. comment imposer a nos autorités des coupes alvéolaires qui respectent nos garrigues et toutes les espèces qui les habitent.

  19. 18 octobre 2011 à 12:24

    Ce serait plutôt vers les fonctionnaires des parcs naturels ou des associations de protection de l’environnement ( cercle de botanique,…) qu’il faudrait vous tourner.

    Peut-être y a t-il des pistes sur le site de Tela-botanica

    http://www.tela-botanica.org/site:accueil

  1. 26 avril 2011 à 12:05
  2. 14 juin 2011 à 15:12
  3. 22 novembre 2011 à 14:52

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